L'école communale
Histoire de l'enseignement
Documents sur l'école
matières d'enseignement
La pédagogie
Livres sur l'école
Peintres de l'école
Musées sur l'école
sites internet
Expositions sur l'école
L'école communale, deux siècles d'histoire
Solidarité Laïque
Dates histoire de l'enseignement
Ministres de l'instruction
l'école sous l'Ancien Régime
L'école sous la Révolution
L'école sous le Consulat et l'Empire
L'école sous la Restauration
L'école sous la Monarchie de Juillet
l'école sous la Seconde République
L'école sous le Second Empire
L'école de la Troisième République
L'école entre les deux guerres
L'école sous l'Etat Français
L'école sous la IVème République
L'école sous la 5ème République


 3ème République 1870-1940

La 3ème République de 1870 à 1914



Après la défaite contre la Prusse, les Parisiens se soulèvent et la 3ème République est proclamée le 4 septembre 1870.

La France édifie un Empire colonial.

La Marseillaise est adoptée comme hymne national. Le 14 juillet est déclaré fête nationale.

La loi sur le travail des enfants et des filles mineures employés dans l’industrie  du 19 mai 1874 englobe désormais tous les ateliers, quelques soient leurs tailles. L’âge minimum d’embauche est fixé à 12 ans pour une durée journalière de 12 heures. Le travail de nuit, celui du dimanche et des jours fériés sont interdits pour les garçons jusqu’à 16 ans, jusqu’à 21 ans pour les filles.

Loi FERRY du 28 mars1882

Lettre aux instituteurs

Proposée par Paul Bert, présentée par Jules Ferry et défendue avec ardeur par Goblet, la loi du 30 octobre 1886 établit la laïcité du personnel enseignant primaire ; elle abolit les derniers vestiges du régime de privilège que la loi Falloux avait assuré aux congrégations enseignantes, elle décide que, dans les écoles publiques de tout ordre, l'enseignement serait exclusivement confié à un personnel laïc. De là le nom de loi sur la laïcité.

"La laïcisation du personnel est le moyen d'établir dans l'école la neutralité qui a été le but de la loi de 1882... Il y a nécessité d'ordre moral, parce que je ne comprends pas qu'on laisse le soin d'enseigner et d'apprendre les libertés civiles et politiques à des hommes qui n'ont ni la liberté de l'âme, ni la liberté de conscience, ni la liberté de pensée." (Discours de René Goblet au Sénat)

La loi organique de 1886 assimile les directrices et sous-directrices d'écoles maternelles aux institutrices du primaire. Elles reçoivent dès lors la même formation, assurée par l'école normale, et préparent les mêmes diplômes.

En 1887 sont créés les délégués cantonaux. Notables dévoués à l'école publique, ils sont nommés par le préfet "au nom de la famille et de la société tout ce qui à l'école ne relève pas de la technique du métier d'enseignant.


La loi sur le travail des enfants, des filles mineures et des femmes dans les établissements industriels  du 2 novembre 1892 repousse l’âge minimum d’embauche à 13 ans pour se mettre en conformité avec l’obligation scolaire. La durée journalière du travail est abaissé à 10 heures jusqu’à 16 ans et 11 heures au-delà.

La liberté d’association est instituée en 1901.

« Quand toute la jeunesse française aura grandi sous cette triple étoile, la République n'aura plus rien à redouter » dit Jules Ferry

« Il faut faire disparaître la dernière et la plus redoutable des inégalités qui viennent, de la naissance, l'inégalité d'éducation. Les sociétés anciennes admettaient que l'humanité fût divisée en deux classes, ceux qui commandent et ceux qui obéissent. Dans une société démocratique comme la nôtre, il n'y a plus ni inférieur ni supérieur : il y a deux hommes égaux qui contractent ensemble, ayant chacun leurs droits précis, chacun leurs devoirs et, par conséquent, chacun leur dignité. Mais, ajoutait-il, comment réaliser ce nouveau régime social tant qu'il subsistera parmi nous en fait une distinction des classes? Or, il y en a une, qui est fondamentale, c'est la distinction entre ceux qui ont reçu l'éducation et ceux qui ne la reçoivent pas. Et, messieurs, je vous défie de faire jamais de ces deux classes une nation égalitaire, une nation animée de la confraternité d'idées qui fait la force des vraies démocraties, si entre ces deux classes il n'y a pas eu le premier rapprochement, la première fusion qui résulte du mélange des riches et des pauvres sur les bancs de quelque école. » discours de 1870.

« Désormais, entre l'enseignement secondaire et l'enseignement primaire, plus d'abîme infranchissable, ni quant au personnel, ni quant aux méthodes », — mais il allait plus loin, il livrait le fond de sa pensée, et l'on peut voir jusqu'où elle s'étend :

« Constituer un enseignement vraiment éducateur, une école qui ne soit plus seulement un instrument de discipline en quelque sorte mécanique, mais une véritable maison d'éducation : c'est cette préoccupation dominante qui explique, relie, harmonise un très grand nombre de mesures, qui, considérées du dehors, un peu légèrement, et quand on n'en a pas la clef, pourraient donner prétexte à des reproches d'excès dans les nouveaux programmes, d'accessoires exagérés, d'études trop variées et qui ne paraissent pas au premier abord suffisamment convergentes. Nous groupons, autour de l'enseignement fondamental et traditionnel du « lire, écrire et compter », les leçons de choses, l'enseignement du dessin, les notions d'histoire naturelle, les musées scolaires, les promenades scolaires, la gymnastique, le travail manuel de l'atelier placé à côté de l'école, le chant, la musique chorale qui y pénétreront à leur tour. Pourquoi tous ces accessoires? Parce qu'ils sont à nos yeux la chose principale, parce qu'en eux réside la vertu éducative de l'école primaire, parce qu'ils feront de l'école primaire, de l'école du moindre hameau, du plus humble village, une école d'éducation libérale. »

« L'école nationale, dans une démocratie de travailleurs comme la nôtre, doit être essentiellement l'école du travail. L'école primaire d'aujourd'hui, celle que nous avons organisée d'après l'idéal entrevu par la Révolution française, cette petite école est, dès la première heure, professionnelle, c'est-à-dire qu'elle a pour but de préparer l'enfant à devenir, comme l'immense majorité des citoyens français, un travailleur. Tous les nouveaux programmes reposent sur cette double idée : l'enseignement primaire, dans une démocratie, doit consister d'abord dans une éducation générale ; sans laquelle il n'y a pas de spécialité durable, pas d'enseignement professionnel solide et sérieux ; et, en second lieu, dans une série d'exercices tendant à mettre l'enfant, par des initiations progressives et ménagées, en contact avec les réalités de la vie. Former dès l'enfance l'homme et le citoyen, préparer des ouvriers pour l'atelier, c'est notre tache. »

La durée des études se divise comme il suit :

A défaut d'école maternelle, une classe enfantine : un ou deux ans à 6 ou 5 ans.

Cours élémentaire : deux ans, de 7 à 9 ans.

Cours moyen : deux ans, de 9 à 11 ans.

Cours supérieur : deux ans, de 11 à 13 ans.

Eventuellement un Cours complémentaire d'enseignement primaire supérieur d'un an.

Emile Combes fait voter la loi du 7 juillet 1904 qui interdit l’enseignement à toute congrégation et prévoit un délai de dix ans pour fermer les dernières écoles.

L'opposition s'organise sous l'influence d'élus. Certaines congrégations résistent, bénéficiant de l'article 3 en faveur des services scolaires  « uniquement destinés à des enfants hospitalisés auxquels il serait impossible, pour des motifs de santé ou autres, de fréquenter une école publique.». De nombreuses congrégations vont ainsi survivre aux lois anticléricales en proposant des œuvres de bienfaisance comme l'orphelinat, les soins hospitaliers ou la présence d'un hospice. Sous couvert de charité chrétienne, elles échappent à la législation. Pour les autres congrégations, la sécularisation perpétue leur enseignement. Les écoles congréganistes sont remplacées par des écoles privées laïques

La montée des nationalismes, l'activisme des revanchards et l'assassinat du pacifiste Jean Jaurès le 31 juillet 1914, conduisent à la guerre.

Le Petit Français illustré, journal de 1904.: transport des ballots de pétitions à l'Assemblée nationale siègeant à Versailles

En 1872, Jean Macé fait signer une pétition en faveur de l'obligation et de la gratuité scolaires qui réunit presque un million trois cent mille signatures qu'il porte à la chambre des députés le 19 juin. C'est un succès !

  

C'est le 6 décembre 1879 que Paul Bert dépose, au nom de la commission qu'il préside, un projet de refonte complète de toute la législation de l'instruction primaire qui consacre le triple principe de l'obligation, de la gratuité, de la laïcité, substitue à l'autorité des préfets celle de directeurs départementaux de l'enseignement primaire, modifie la composition et les attributions des Conseils départementaux, assure aux instituteurs des traitements plus élevés et des garanties nouvelles, et prépare l'élimination graduelle du personnel congréganiste. Jules Ferry, ministre de l'instruction publique, d'accord avec le rapporteur sur toutes les questions de principe, estime toutefois qu'un projet aussi étendu et aussi complexe aboutirait difficilement à une solution. Il juge plus pratique de s'attaquer d'abord aux questions les plus urgentes et, à cet effet, présente successivement à la Chambre trois projets distincts :


sur les titres de capacité de l'enseignement primaire est la loi du 16 juin 1881.

Nul ne peut exercer les fonctions d'instituteur ou d'institutrice titulaire, d'instituteur adjoint chargé d'une classe ou d'institutrice adjointe chargée d'une classe, dans une école publique ou libre, sans être pourvu du brevet de capacité pour l'enseignement primaire.

Ce sont les brevets élémentaire et supérieur. Toutes les personnes qui exercent actuellement sans être pourvues des brevets ou certificats désormais exigibles sont tenues de se présenter dans un laps d'un an devant les commissions d'examen pour obtenir le titre qui leur manque.

Emblèmes religieux


 Les emblèmes religieux, de quelque nature qu'ils soient (crucifix, images, statues), ne doivent pas figurer dans les locaux scolaires. Après avoir rappelé cette interdiction, la circulaire du 9 avril 1903 renouvelle les recommandations faites antérieurement aux préfets, d'une part de veiller à ce qu'aucun emblème religieux ne soit introduit dans les bâtiments neufs et dans ceux où des appropriations nouvelles nécessitent un remaniement des locaux ou le changement du matériel de classe, et, d'autre part, de ne procéder à l'enlèvement desdits emblèmes dans les écoles anciennes qu'avec toute la prudence et le respect désirables, là où l'on ne risque pas de choquer ouvertement le sentiment des populations, et en ayant soin de profiter des époques réglementaires des vacances, afin d'éviter toute agitation et tout scandale

La France illustrée du 20 février 1886. Laïcisation à outrance. Dessin de M.G. Julien.

  

La prière


"Il me revient que, dans nombre d'écoles publiques de département de la Dordogne, l'usage s'est continué de faire réciter des prières au commencement et à la fin de chaque classe, alors que nos instituteurs et institutrices, qui ne doivent pas ignorer la loi scolaire dans ce qu'elle a d'essentiel, savent parfaitement que l'école de la République est strictement laïque, c'est-à-dire non confessionnelle, et que, par conséquent, aucune prière, soit catholique, soit protestante, soit juive ou autre, n'y doit être dite et que tout exercice religieux quel qu'il soit, y est formellement interdit pendant la durée des heures de classe et dans le local scolaire, aux termes mêmes des prescriptions impératives de la loi de laïcité." L'Inspecteur d'académie aux Inspecteurs primaires de la Dordogne, le 13 juin 1900

  

Le Petit Journal du 17 août 1902.

Les congrégations en province.

La résistance en bretagne.

La contestation catholique commence en 1901 à la suite de la promulgation de la loi Waldeck-Rousseau sur les associations dont l'article 13 stipule que les congrégations ne peuvent se former sans autorisation et que les membres non autorisés n'ont pas le droit d'enseigner. L'idée première est, semble-t-il, de mettre un terme à l'enrichissement prodigieux de certaines congrégations.

Le Président du Conseil et ministre de l’intérieur et des cultes, Emile Combes prend des mesures radicales. Il fait fermer à partir du 27 juin 1902, sans attendre les vacances, les écoles créées depuis la loi de 1901 et celles qui n'ont pas demandé d'autorisation.

Loi FERRY du 16 juin1881

Le Petit Français illustré, journal des écoliers et des écolières, du 18 juin 1904.

La fête de l'enseignement primaire, composition de José Roy

Fête de l'école primaire laïque


la fête du 19 juin 1904, organisée par la Ligue de l'Enseignement, en l'honneur de l'Ecole primaire laïque, a été, sur l'ensemble du territoire français, une importante manifestation, et a revêtu un caractère national et populaire.

Elle commémore le dépot aux archives de l'Assemblée nationale, par la commission ayant à sa tête Emmanuel Vauchez et Jean Macé, des pétitions couvertes de 1.267.267 signatures demandant que tous les enfants de France, sans exeption aucune, reçussent les bienfaits de l'instruction.

Le buste de Marianne

Allégorie de la République, ce buste avec épaules sur piédouche date de la fin XIXe siècle.
Il est modelé en plâtre et mesure 66 cm de hauteur.
Il est vêtu d’une toge maintenue par des fibules rondes étoilées sur des épaules dénudées. Il est coiffé d’une couronne de feuilles de chêne et de laurier et d’un bonnet sur une chevelure longue et ondulée.
Le front est ceint d'un bandeau où est inscrite la devise INSTRUCTION.
Sur le socle du buste est annotée la devise LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ.
L’auteur est non identifié.

Dans les villes, jusqu'en 1870, les écoles primaires étaient en grande partie laissées aux mains des congrégations religieuses dans un souci d'alléger au maximum les charges municipales. Dès les premières victoires électorales des républicains, la laïcisation des écoles commence. Les congréganistes quittent alors le secteur publics pour se développer dans le privé. Une nouvelle situation de concurrence apparaît alors.

En dix ans, l'école publique est devenue un nouveau lieu d'intervention de la municipalité. La période politiquement très troublée des années 1870, où la fragile République cherche ses fondements, a permis à la ville de mieux s'affirmer comme acteur essentiel sur la scène scolaire, ce qui supposait d'en exclure l'Eglise. la législation antérieure aux lois Ferry a ainsi ouvert une petite brèche qui a permis aux républicains de ces grandes villes de laïciser avant le législateur ne l'impose pour la France entière...Parti des villes puis entériné par le pouvoir central, le mouvement de laïcisation peut ensuite s'étendre aux écoles de campagne, mais là plus lentement (L'Ecole républicaine en ville, Marianne Thivend).

Avant 1870, la plupart des écoles sont situées dans des locaux étroits et sont mal installées dans la ville. Les classes sont surpeuplées et souvent mal éclairées. Il faut supprimer les taudis scolaires pour les remplacer par des installations modernes et hygiéniques. De plus la laïcisation des écoles congréganistes augmente l'effectif des élèves de l'école publique. De nombreux programmes de constructions sont établis dans les grosses communes à l'exemple de Paris dont le programme est rédigé par Octave Gréard en 1871. Lyon prévoit en 1874 l'édification de 100 écoles primaires d'une capacité de 200 élèves et 25 salles d'asile de 100 enfants. On passe à une cinquantaine de groupes scolaires en 1879 réunissant l'école de garçons, l'école de filles et l'école maternelle  (les classes et les cours de récréation sont bien entendu, distinctes).

 Un effort financier important est consenti par les municipalités pour l'instruction publique d'autant qu'elles doivent rétribuer les enseignants.

Il est créé une Caisse pour la construction des maisons d'école (loi du 1er juin 1878).

  

La fermeture des Ecoles congréganistes, expulsions et manifestations, La Vie Illustrée, 1902.

"Ne partez pas, ma sœur,... Au nom de la liberté !..."

Chez les sœurs de la rue St-Maur. Les chefs de la manifestation.

La laïcisation des écoles publiques posent le problème du remplacement rapide d'enseignants congréganistes par des laïcs.

Pour former des instituteurs et des institutrices, Paul Bert fait adopter sa loi du 9 août 1879 sur l'établissement obligatoire des Ecoles Normales primaires.

Tout département devra être pourvu d'une école normale d'instituteurs et d'une école normale d'institutrices suffisantes pour assurer le recrutement de ses instituteurs communaux et de ses institutrices communales.

  

Jules Ferry  s'adresse directement aux instituteurs par une lettre dont un exemplaire est envoyé à chacun d'eux. Le but de cette lettre est d'expliquer la signification de l'instruction morale et civique que la loi nouvelle charge l'instituteur de donner à ses élèves, et qui prend dans le programme la place occupée autrefois par l'instruction morale et religieuse. Cependant un amendement de Jules Simon contraint l'instituteur à enseigner à ses élèves "leurs devoirs envers Dieu et la patrie".

L’école a comme fonction de socialiser les enfants et de former le futur adulte, que la raison doit gouverner, en s’appuyant sur une pédagogie de l’effort.

Des manuels nouveaux et revues pédagogiques fleurissent. Tous respirent le plus vif amour de la patrie. Le patriotisme unifie la France. Des bataillons scolaires sont organisés et Jean Macé écrit :"L'important, c'est de commencer tout de suite et de donner aux campagnes de France le spectacle de leurs enfants se préparant, dès l'école, à défendre le sol de la patrie, si jamais l'étranger essayait de revenir le fouler."

sur la gratuité absolue de l'enseignement primaire dans les écoles publiques est la loi du 16 juin 1881.

Il ne sera plus perçu de rétribution scolaire dans les écoles primaires publiques, ni dans les salles d'asile publiques.

Le prix de pension dans les Ecoles normales est supprimé.

Tous les instituteurs doivent toucher le traitement le plus élevé dont ils auront joui, dans n'importe quel poste, pendant les trois dernières années, tant qu'ils resteront dans la commune.


Par le décret du 2 août de la même année, les salles d'asile, simple garderie, trop souvent considérée comme institution de charité chrétienne et sorte de succursale de l'assistance publique, sont transformées en écoles maternelles, établissements d'éducation où les enfants des deux sexes reçoivent les soins que réclame leur développement physique, intellectuel et moral.


sur l'enseignement primaire obligatoire est la loi du 28 mars 1882.

L'instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de six ans révolus à treize ans révolus ; elle peut être donnée soit dans les établissements d'instruction primaire ou secondaire, soit dans les écoles publiques ou libres, soit dans les familles, par le père de famille lui-même ou par toute personne qu'il aura choisie.

Une commission municipale scolaire est instituée dans chaque commune, pour surveiller et encourager la fréquentation des écoles.

Pour cette dernière, la commission a ajouté au projet du ministre la laïcité des programmes.

Elle a détaché du projet d'ensemble, suivant l’exemple du ministre, les dispositions relatives au classement et aux traitements des instituteurs et institutrices pour en fait une proposition de loi spéciale discutée et adoptée le 28 juillet 1881.

La loi du 21 mars 1905 marque l’origine du service nationale limité à 2 ans. Elle supprime les traitements de faveur.

En 1905, la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat est votée. La république, désormais, ne reconnaît ni ne salarie aucun culte ; l'Eglise ne relève plus que du Saint-Siège.


La loi de Séparation accentue l'opposition entre cléricaux et anticléricaux et c'est une véritable "guerre religieuse" dans certaines paroisses.

Les élections législatives de 1902 et de 1906 confortent la position de la gauche au niveau national, preuve que la majorité est favorable à la politique anticléricale. Le mouvement d'hostilité se calme dès la fin de l'année 1906. La ferveur religieuse et politique s’amoindrit. Les curés semblent s'être calmés après avoir suivi les consignes de Pie X et les hommes politiques se font discrets puisque les élections sont passées.

Les catholiques réagissent en créant des œuvres sociales (chorales, clubs de sport, ...) souvent reliées à des mouvements ou partis politiques. La Séparation a pour corollaire la politisation de la société française, commencée quelques années plus tôt avec l'affaire Dreyfus.

Globalement le catholicisme reste présent dans l'enseignement au début du XXe siècle ; nombreux sont les ecclésiastiques qui donnent l'impression d'être dans la société sans avoir réellement modifié leur enseignement et leur mode de vie. Le détachement de l'Eglise s'opère peu à peu.

Brevet de capacité pour l'enseignement primaire (instituteurs - brevet supérieur), délivré à M. Bonne le 8 novembre 1882, le Vice-recteur de l'Académie de Paris signé Gréard.

L’école primaire supérieure pour assurer le recrutement des écoles normales


Le ministre Bardoux en 1878 aperçoit déjà que tel serait l’un des rôles principaux de l’enseignement primaire supérieur : « préparer ou conserver à notre corps enseignant des recrues précieuses, dans les années de transition qui séparent la sortie de l’école élémentaire de l’entrée à l’école normale ».

Avec les lois organiques, la laïcisation et la création d’un grand nombre d’écoles, il faut former des instituteurs, des institutrices. Mais on entre à l’école normale qu’à seize ou dix sept ans alors que la scolarité primaire s’arrête maintenant à douze ans. Auparavant on prolongeait un long temps après cet âge. De plus, les maîtres d’école, surchargés par le secrétariat de mairie et autres besognes, mécontents de leur sort, cessent de préparer des candidats aux écoles normales. Comment retenir, comment occuper, comment instruire les enfants, de douze à seize ans, c’est-à-dire de leur sortie de l’école primaire élémentaire jusqu’à leur entrée à l’école normale ? Force fut de se rabattre sur les écoles primaires supérieures. On y mit des boursiers, on y organisa les études en vue des examens et des concours qui donnent entrée à la carrière d’instituteur.

CPA Ecolier

par Paul Déroulède

A travers les mesures anticléricales du gouvernement, il y a eu des changements dans les manuels scolaires. Pour citer un des ouvrages les plus connus, dans la nouvelle édition du Tour de France par deux enfants, les cathédrales disparaissent. Quant aux livres d'histoire et de morale, ils sont influencés par l'athéisme. Cette nouvelle orientation déplaît aux catholiques qui n'hésitent pas à condamner les manuels d'Aulard et Débidour (en 1894), de Calvet(en 1898), de Dévinat (en 1898), de Gauthier et Deschamps(1904), de Guiot et Mane (1906) et de Rogie et Despiques (en 1908). En 1909, une circulaire des archevêques et évêques réaffirme la mise à l'index de ces manuels.

En 1906, la 331e édition du Tour de France par deux enfants, best seller des livres scolaires, est entièrement revue et augmentée d'un épilogue. Tout ce qui se rapporte à Dieu disparaît.