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 Second Empire 1852-1870

Suite à un coup d’Etat, Louis Napoléon rétablit l’Empire et prend le nom de Napoléon III.

Après une période autoritaire, le régime se libéralise à partir de 1860. Napoléon III se montre plus ferme à l’égard de l’église qui ne l’appuie plus. L’enseignement d’Etat se développe.

Fortoul remplace les académies départementales par seize grandes circonscriptions académiques.

Un premier décret, en 1853, élève le traitement des instituteurs les plus méritants à 700fr. après cinq ans de services, et à 800fr. après dix ans sans dépasser le dixième du nombre total des instituteurs communaux. Un second décret, en date du 19 avril 1862, rend obligatoire un minimum de 700fr. après cinq ans de service et porte à 800fr. au bout de dix ans, et à 900fr. au bout de quinze ans pour le vingtième des instituteurs à titre de faveur et de récompense.

Le ministre Rouland montre aux pauvres maîtres d’école quelques sollicitudes.

Afin de mieux les connaître, il ouvre un concours en 1861, avec des prix et des mentions honorables. La question posée est celle-ci : Quels sont les besoins de l'instruction primaire dans une commune rurale au triple point de vue de l'école, des élèves et du maître? Le résultat obtenu dépasse toute attente ; plus de six mille concurrents se présentent,

Il fait ouvrir des bibliothèques scolaires et les organise en faisant appel au concours de tous. « Ces collections devront contenir d'abord des livres de classe, mais aussi des livres de lecture qui pourront être prêtés aux familles, et ils devront être choisis de telle sorte qu'ils affermissent le sentiment national et les leçons de morale et d'histoire reçues à l'école. »

La caisse de prévoyance est remplacée par une pension de retraite, calculée sur les mêmes bases que la retraite de tous les autres fonctionnaires publics.

Depuis la loi de 1833, qui fait une obligation aux communes de construire une maison d’école, une grande quantité de communes en sont toujours dépourvues ; pour 37 500 communes en 1861, 10 744 ne sont pas propriétaires de leur maison d’école ; 1880 communes envoient leurs enfants à l’école dans la commune voisine ; 146 communes pourvoient, dans une école libre, à l’éducation des enfants indigents ; 818 communes n’ont ni écoles, ni instituteurs.

Les ouvriers obtiennent le droit de grève en 1864.

Pour stimuler les maîtres et les élèves des écoles élémentaires, Victor Duruy institue, d'une part, des concours cantonaux (13 août 1864) et, d'autre part, recommande aux instituteurs de faire obtenir à leurs élèves le certificat d'études primaires (10 avril 1865).

Victor Duruy montre la nécessité de rendre l’enseignement primaire obligatoire et gratuite, mais il doit, pour obtenir le vote de sa loi du 10 avril 1867, sacrifier une partie de ce programme. Cependant pour les communes qui voudraient l'établir elles sont autorisées à affecter à l'entretien de leurs écoles gratuites le produit d'une imposition extraordinaire qui peut s'élever jusqu'à quatre centimes additionnels au principal des quatre contributions directes. En outre la loi impose aux communes de 500 habitants et au-dessus l'obligation d'avoir au moins une école publique de filles, et de faire le traitement d'une maîtresse de travaux à l'aiguille dans toute école mixte tenue par un instituteur. La loi consacre l'existence des cours d'adultes en garantissant une indemnité annuelle aux instituteurs et institutrices qui s'en chargent. Enfin, pour rendre l'école praticable aux plus pauvres, une caisse des écoles, administrée par le maire de la commune, donnerait, au besoin, les vêlements et les fournitures scolaires dont manqueraient les enfants.

Il ajoute aux matières obligatoires les éléments de l'histoire et de la géographie de la France. Peu après, il invite les préfets à organiser l'enseignement agricole et horticole dans les écoles primaires rurales.

Autant que d'améliorer la situation matérielle des membres du personnel primaire, Duruy se montre soucieux de les honorer. Il institue la décoration universitaire, dont il voulait qu'elle leur soit un profit en même temps qu'un honneur, car une allocation annuelle de 100 francs est alors accordée aux instituteurs qui obtiennent les palmes académiques.

Victor Duruy crée des cours d'adultes (loi du 10 avril 1867)

Jean Macé fonde la "ligue de l'enseignement" en 1866. Il lance un appel au pays. Il demande leur concours pécuniaire et moral à tous ceux qui, par le livre, par l'instruction, veulent répandre les idées de progrès.

Il dit : "La ligue est une fédération de sociétés qui, par l'initiative privée, devance, prépare, amène l'action de l'Etat."

En 1872, il fait signer une pétition en faveur de l'obligation et de la gratuité scolaires qui réunit presque un million trois cent mille signatures qu'il porte à la chambre des députés. C'est un succès !

La ligue développe l'enseignement par l'aspect, en centralisant une collection de vues en verre qui illustrent leçons et causeries, qu'elle prête avec des appareils à projection.

L'instruction en France en 1867 par J.Manier

O.Gréard, directeur de l'enseignement primaire de la Seine, réorganise la pédagogie.

Il établit trois cours à l'école primaire : élémentaire (6-8 ans) intermédiaire ou moyen (8-10 ans) et supérieur (10-12 ans). Les programmes sont concentriques ; les trois cours reviennent sur les mêmes programmes pour les approfondir.


"L'objet de l'enseignement primaire n'est pas d'embrasser, sur les diverses matières auxquelles il touche, tout ce qu'il est possible de savoir, mais de bien apprendre, dans chacune d'elles, ce qu'il n'est pas permis d'ignorer". Gréard

Bibliothèque scolaire

Loi Duruy 10 avril 1867

Rôle rétribution scolaire 1861

Fréquentation scolaire


Le nombre d’enfants qui restent étrangers à tout enseignement est véritablement affligeant. On devrait trouver dans les écoles un dixième de la population totale. Il y a cependant des départements où les écoliers ne forment encore que le vingtième, le trentième, ou même le quarantième de la population. Ce n’est pas tout : sur le nombre des enfants qui remplissent les listes scolaires, beaucoup désertent les classes pendant cinq ou six mois. Ces enfants, après deux ou trois ans d’une fréquentation purement nominale des classes, sont à peu près complètement dépourvus de toute éducation intellectuelle et religieuse… (Circulaire aux préfets du 30 octobre 1854, Fortoul)

Quand on voit avec quelle facilité les populations acceptent la fréquentation obligatoire et s’y habituent, on ne comprend pas que dans un pays où le pouvoir est si fort, on puisse tant la redouter. Ce ne sont certes pas les populations qui réclameraient, ce sont les hommes instruits qui, en France, empêchent le pouvoir d’étendre à tous les bienfaits de l’éducation. D’après la loi du 15 mars 1850, toute commune est tenue d’ouvrir une ou plusieurs écoles publiques et de dispenser les indigents de toute rétribution scolaire. Quelle inconséquence ! ouvrir partout des écoles publiques et ne pas contraindre les négligents d’en profiter !

 (Jules Paroz, directeur d’école normale)

Rapport de Duruy, ministre de l’instruction publique, à l’Empereur, sur l’état de l’instruction primaire en France pendant l’année 1863.


L’état de l’instruction primaire, tel qu’il résulte des faits constatés par l’enquête faite en 1864, demande des remèdes sérieux.

Les uns sont d’ordre administratif : améliorer les méthodes d’enseignement, accroître la valeur pédagogique des instituteurs, rendre à la fois plus énergique et plus continue l’influence de l’inspection, éveiller l’émulation des élèves et des maîtres, etc.

Les autres sont d’ordre financier : construire des écoles où il en manque ; améliorer les écoles anciennes pour les bâtiments, le mobilier scolaire et la bibliothèque ; car, dans l’école comme à l’usine, l’appropriation des locaux et l’excellence des instruments de travail ont une importance considérable ; continuer à accroître le bien-être des instituteurs, pour relever leur situation et leur dignité, ce qui donnerait le droit de leur demander de nouveaux efforts.

Enfin, il est un remède particulier que beaucoup de personnes réclament, que beaucoup de pays pratiquent et qu’il faut examiner : il consiste à imposer à l’enseignement primaire le caractère obligatoire, non-seulement pour l’entrée à l’école, mais pour la durée de la fréquentation.

Le Petit Français illustré, journal de 1904.: transport des ballots de pétitions à l'Assemblée nationale siègeant à Versailles

La littérature enfantine


Les premiers livres d’enfants apparaissent avec l’édition des romans de la comtesse de Ségur ou de Jules Verne. On lance les collections « Bibliothèque bleue » ou « rose ».

Les périodiques sont illustrés et s’adaptent au public enfantin, comme le Magasin d’éducation et de récréation, créé en 1864 par Hetzel, publié par Jean Macé, P.-J. Stahl et Jules Verne avec la collaboration d’écrivain célèbres, véritable encyclopédie qui se voulait instructif et divertissant.

L’enfant n’est plus considéré comme un adulte non achevé mais devient un être particulier qu’il faut protéger du monde adulte.

La littérature pour les filles est différente de celle destinée aux garçons.

Dans le premier cas, le roman baigne dans une atmosphère religieuse. La société apparaît comme un monde très hiérarchisé où chacun doit rester à sa place. Il existe une nostalgie du monde traditionnel. On célèbre la vie simple et naturelle de la campagne ou de la petite ville de province.

Tout autre est le climat des livres destinés aux garçons. Les livres sont neutres et laïques. L’œuvre technique et scientifique de l’homme est exalté. Il n’y a aucun mépris pour le monde nouveau, en pleine évolution.