L'écolier
La tenue et l'équipement
En route pour l'école!
Les enfants viennent à l'école avec des sabots, remplis de paille pour tenir chaud, ou bien avec des galoches. Ils portent des sarraus, blouses noires, austères mais moins salissantes que l'on boutonne derrière. Plus tard, dans les années cinquante les blouses grises pour les garçons et de couleur pour les filles les remplacent.
Les élèves dont le domicile est éloigné, apportent chaque matin, en même temps qu'une bûche pour le poêle en hiver, un panier ou une musette contenant leur repas. Simple, le pain en constitue l'essentiel. Parfois le repas est à réchauffer, et le poêle de la classe est alors mis à contribution.
Le cartable ou sacoche, gibecière, musette, serviette, est de cuir, de toile ou comme maintenant de plastique. Il contient le matériel d’écriture rangé dans une trousse ou un plumier, l’ardoise, les livres et les cahiers ainsi que les trésors de l’écolier. Sa dimension est adaptée au plus grand livre : celui de géographie.
Galoches ; semelles de bois cloutées et empeignes de cuir montantes. Ce sont des chaussures rustiques, bon marché, offrant un confort supérieur à celui des sabots
« Voici venir Marcel en son accoutrement d’hiver. Il porte un sarrau de cotonnade neuve et raide qui lui bleuit les mains, une casquette de velours élimé dont la visière, autrefois vernie, s’effiloche et lui ombrage la joue. Un cache-nez gris, dur comme une corde, s’enroule cinq ou six fois autour de son cou, passe sur la casquette et l’enfonce jusqu’aux oreilles.
Par-dessus tout cela, une pèlerine de drap brun, rapiécée sur l’épaule, a dû, vu son étroitesse, être agrafée avec mille efforts ; en dessous, trottinent deux petites jambes chaussée de bas rouges et de sabots de bois blanc.
La pèlerine fut, par prévoyance maternelle, surmontée d’un capuchon inattendu et fort divertissant, sorte d’étui de lustrine noire, tout en pointe. Maintenu en équilibre par deux lacets fixés aux bords et noués sous le menton, ce capuce parvient à grand peine à recouvrir la casquette, le cache-nez et la tête de Marcel dont les yeux noirs et fureteurs semblent s’amuser de luire sous un couvre-chef si étrange et si long prolongé, vrai bonnet d’astrologue. »
(Institutrice, Ecoliers, Paysans de Jeanne Blin-Lefebvre, imprimerie Prévost, 1923)
Cappe, sarrau et blouses
Sabots
Souliers
« La première heure de la sixième année vient de sonner. Bien vite le garçonnet prend sa casquette, chausse ses sabots, passe une blouse sur son gilet à manches, tout comme un homme, et un gros cache-nez autour du cou, un panier au bras avec ses provisions de la journée, le voilà en route tout équipé de neuf, ainsi qu’un soldat qui entre en campagne.
La capeline sur la tête, le tablier à la taille, la jupe courte balançant aux hanches, la fillette marche avec lui de compagnie, du même pas encore mal assuré qui est celui des poussins, des cannetons et des bambins quand ils partent au fin matin pour ne rentrer que le soir à la brune au logis… » Léon Deries (Choix de lectures, CM, A. Mironneau, librairie Armand Colin).
Galoches