L'écolier
Punitions
Les maîtres d’autrefois ne sont pas tendres avec leurs élèves. Ils ont souvent le verbe haut et la main leste, et ils n'hésitent pas à relayer celle-ci par quelques solides instruments comme la verge destinés à en appuyer les effets.
Le tirage des oreilles et des cheveux, la mise à genoux, les coups de règle sur les doigts étaient utilisés encore il y a peu d'années.
Pourtant le règlement de 1882 rappelle qu'il est absolument interdit d'infliger aucun châtiment corporel aux enfants. Les seules punitions autorisées sont les mauvais points, la réprimande, la privation partielle de récréation et la retenue après la classe.
Il est certain que les verges, le martinet, la férule, etc..., n’ont presque jamais eu pour effet que d’aigrir le caractère et de développer un sentiment dénué de vertu moral, celui de la crainte, qui engendre l’hypocrisie. (Eugène Rendu, Manuel de l’enseignement primaire).
« Il ya, dit Montaigne, je ne sais quoi de servile en la crainte. Je n’ai vu d’autre effet aux verges, sinon de rendre les âmes plus lâches et plus malicieusement opiniâtres.»
L'école possède d'autres punitions dans sa panoplie disciplinaire: le pensum, l'écriteau que l'on accroche dans le dos indiquant le méfait et le bonnet d'âne dont on coiffe les paresseux.
La louange, l'éloge et les félicitations, représentaient les récompenses les plus courantes dans l'école d'autrefois. Le plus gros succès auprès des élèves était le bon-point. Il servait de monnaie d'échange afin d'acquérir une récompense plus importante ou à racheter une punition. Dix bons points pouvaient être échangés, le samedi, contre une image. La croix d'honneur était remise aux meilleurs élèves. Elle était suspendue à leur cou à l'aide d'un ruban ou épinglée sur leur blouse pendant huit jours et n'admettait aucune punition.
En fin de mois, un bon carnet de notes permettait d'obtenir des billets d'honneur ou de satisfaction.
L'inscription sur le tableau d'honneur exposé dans l'école.
Croix d'honneur
Le martinet est formé d’une ou plusieurs lanières de cuir ou de chanvre, fixées à l’extrémité d’un manche. Des nœuds au bout des lanières sont destinés à rendre les coups plus sensibles.
Ancienne méthode physique et morale, pour graver profondément la science dans les jeunes cerveaux. M. Courtin, Le Charivari, 1833.
On doit bien se garder de frapper les écoliers, de la main, du pied, de la baguette ; il est tout à fait contre la bienséance et la gravité d’un maître de leur tirer le nez, les oreilles ou les cheveux ; de les frapper ou pousser rudement, ou de les tirer par le bras ; de leur faire faire des croix avec la langue, leur faire baiser les pieds des autres, les laisser trop longtemps à genoux, les mettre les bras en croix, etc. Il ne sera pas non plus permis d’enfermer les enfants dans quelque cabinet, de les laisser en pénitence après la classe, etc., etc. Leur faire mettre un bâillon, un bonnet d’âne, etc., ne pourrait être que le fait d’un maître inepte et sans expérience.
(Conduite des écoles chrétiennes, De La Salle, 1856)
Mémoires d’un vieux maître d’école
Au lieu de la baguette traditionnelle, s’égarant parfois sur les doigts des élèves paresseux ou insoumis, il importa dans notre école, la célèbre férule des frères de Caen, surnommés chez nous les Grands Chapeaux…Si, en effet, la baguette classique laissait parfois de regrettables traces, la férule, pour paraître plus bénigne, n’en était pas moins meurtrière. Il fallait voir les contorsions et les grimaces du pauvre patient appelé è faire l’épreuve de l’instrument nouveau : il allongeait la main, il la retirait ; il soufflait sur ses doigts pour calmer sa cuisante douleur ; ou poussait des cris de paon. (C-D. Férard, 1894)
Léon Chatry, instituteur
- Surtout, de la discipline ; de la discipline, avant tout. Vous faites une leçon, exigez que les bras soient croisés, les pieds alignés. Des bras se décroisent… vingt lignes ; un pied bouge : vingt lignes ; un élève répond à une question avant d’avoir levé deux doigts : vingt lignes. N’admettez aucune excuse, aucune réclamation. Si un élève n’est pas content, envoyez-le-moi ; je lui ferai exécuter une petite danse sans musique, qui lui ôtera l’envie de recommencer.
(Jules Leroux, 1950)
Bonnet d'âne.
A l'origine, ce traitement n'avait pas pour but d'humilier l'élève aux yeux de ses camarades. Au contraire, l'âne a toujours été considéré comme un animal intelligent. Et c'est en mettant le bonnet d'âne qu'on espérait transmettre cette intelligence à l'élève. La punition est généralement consommée debout tout seul dans un coin de la salle de classe. Mais au fil du temps, la punition a été perçue comme un moyen de ridiculiser l'élève en difficulté
L'heure de la retenue.
Melle M. Brémont, salon 1901
La férule est un instrument formé de deux morceaux de cuir cousus ensemble ; elle est longue de dix ou douze pouces, y compris le manche pour la tenir : elle a un manche et une paume qui est en ovale et a deux pouces de diamètre, avec laquelle on frappe dans la main ; le dedans de la paume est garni, afin quelle soit pas tout à fait plate, mais en bosse par-dehors.
Récompenses
Bons-points
Billets d'honneur
Témoignages de satisfaction
Images