Histoire
Dans les pays où l'école est restée confessionnelle, l'histoire sainte figure au programme à titre obligatoire, étroitement liée à l'instruction religieuse. Il en fut ainsi chez nous sous le régime des lois de 1833 et de 1850 : les règlements-types de l'école primaire (1851) et des écoles maternelles (1855) prévoyaient « des questions et des réflexions appropriées aux récits de l'histoire sainte », et c'était encore une des matières de l'examen du brevet d'après le règlement de 1866. La loi du 28 mars 1882 a naturellement supprimé l'histoire sainte en la remplaçant par l'histoire de France.
- Histoire de France par Mme de Saint-Ouen, 1842, Hachette.
- Tableau de l'histoire ancienne et moderne tant sacrée que profane, 1835, Pelagaud, Lesne et Crozet, libraires à Lyon
- Abrégé de l'histoire de France par Delarue, 1837, Delarue, libraire-éditeur à Saint-Etienne.
- Histoire ancienne élémentaire par Mme L.de Saint-Ouen, 1835, Hachette.
- Histoire sainte par l'abbé Drioux, Eugène Belin, 1865.
- Abrégé d'histoire sainte par M.Duruy, Hachette, 1846.
- Abrégé d'histoire sainte, de J.J.Pigeon à Lisieux, 1845.
- L'histoire moderne par G.Bélèze, Jules Delalain, 1863.
- Abrégé facile de l'histoire de France par Emile de Bonnechose et Petit cours d'histoire et de géographie par l'abbé Drioux, Librairie classique d'Eugène Belin à Paris.
- L'histoire de France par Lamé Fleury, 1848.
L’histoire commence ainsi : Autrefois, la France portait le nom de Gaule, et ses habitants s’appelaient Gaulois…
Et se poursuit : Vercingétorix est l’un des premiers chefs ayant réussi à fédérer une partie importante des peuples Gaulois, en montrant de réels talents militaires face à l’un des plus grands stratèges de son temps, Jules César.
Jusqu’à la Révolution, il n’est pas fait mention dans les livres d’histoire de Vercingétorix et des Gaulois. Les origines de la France portèrent longtemps sur des mythes et les dynasties royales, ne mentionnant comme premiers habitants que les Francs et Clovis ou Mérovée, comme premiers rois.
La découverte de Vercingétorix s’est faite au XIXe siècle. Admirateur de Jules César, Napoléon III y contribue largement en lançant notamment des fouilles sur le site d’Alésia. Henri Martin dans son histoire de France populaire (1867 à 1875), vulgarise et fait admettre définitivement l’existence de Vercingétorix.
Voici comment on décrit les Gaulois dans un manuel d’histoire de 1837 :
«Les Gaulois si braves étaient fort barbares, leur religion était grossière et cruelle : leur prêtres, nommés Druides, immolaient à leurs dieux des victimes humaines. Divisés en peuplades indépendantes, ils ne surent où prévoir les dangers dont les menaçait la puissance toujours croissante des Romains, ni se réunir pour résister aux armes de Jules César qui les vainquit les uns après les autres. » (Abrégé de l’histoire de France, par F. Delarue)
La IIIe République, instrumentalise Vercingétorix en insistant sur son rôle héroïque de résistant à l’envahisseur et symbole de ce qui fait l’essence française ; propagande destinée à exalter le patriotisme des français après la défaite de 1870.
Voici comment certains auteurs le décrivent dans leur manuel d’histoire de France :
« Vercingétorix, jeune chevalier du pays des Arvernes, fut reconnu comme chef de la résistance. Il leva les contributions de guerre sur les peuplades, eut droit de vie et de mort sur tous, et, après avoir imposé à ses soldats une organisation sévère, il donna le signal de l’insurrection… » (Histoire de France de Claude Augé et Maxime Petit, librairie Larousse, 1894)
Vercingétorix fut le héros de l’indépendance. C’était un chef arverne, patriote ardent. Il eut le sentiment de la patrie gauloise. Son ennemi, Jules César, a dit de lui : « Jamais il ne s’arma pour son intérêt personnel ; mais pour la liberté de tous les Gaulois… (Cours d’histoire de France de Gauthier et Deschamps, librairie Hachette, 1923)
Des instructions ministérielles (1905) ont rappelé que, dans le cours élémentaire, l'enseignement historique était surtout destiné à éveiller la curiosité des enfants, à exercer leur jugement, à développer chez eux « à la fois le sens moral et le sentiment patriotique ». Dans le cours moyen, on doit s'attacher « à faire découvrir aux élèves les causes des événements, à les mettre à même d'en rechercher et d'en apprécier les conséquences ». Enfin, dans le cours supérieur, il s'agit de reprendre toute l'histoire de France, mais en élargissant ses horizons, « en insistant davantage sur les faits extérieurs auxquels la France a participé ou que des esprits un tant soit peu cultivés ne sauraient ignorer ».
« Il y a dans le passé le plus lointain une poésie qu’il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons leur aimer nos ancêtres gaulois et les forêts des druides, Charles Martel à Poitiers, Roland à Roncevaux, Godefroi de Bouillon à Jérusalem, Jeanne d’arc, Bayard, tous nos héros du passé, même enveloppés de légendes…
Tout l’enseignement du devoir patriotique se réduit à ceci : une certaine œuvre, à laquelle chaque génération a travaillé ; qu’un lien nous rattache à ceux qui ont vécu, à ceux qui vivront sur cette terre ; que nos ancêtres, c’est nous dans le passé ; que nos descendants, ce sera nous dans l’avenir. Il y a donc une œuvre française, continue et collective : chaque génération y a sa part, et, dans cette génération, tout individu a la sienne.
Enseignement moral et patriotique : là doit aboutir l’enseignement de l’histoire à l’école primaire…
Pour tout dire, si l’écolier n’emporte pas avec lui le vivant souvenir de nos gloires nationales ; s’il ne sait pas que nos ancêtres ont combattu sur mille champs de bataille pour de nobles causes ; s’il n’a pas appris ce qu’il a coûté de sang et d’efforts pour faire l’unité de notre patrie, et dégager ensuite du chaos de nos institutions vieillies les lois sacrées qui nous ont faits libres ; s’il ne devient pas citoyen pénétré de ses devoirs et un soldat qui aime son drapeau, l’instituteur aura perdu son temps. » Ernest Lavisse
- Tableau d'histoire de France en cent tableaux, par P.Lehugeur, A.Lahure imprimeur-éditeur à Paris.
- Tableau l'histoire de france en images par E.Truffier, directeur d'école à Arras, Marcel Vagné imprimeur-éditeur à Pont-à-Mousson.
Tableau d'histoire, La Gaule, Vidal Lablache