Enseignement scientifique
Le musée scolaire
Les leçons de choses ne vont pas sans les choses elles-mêmes ou leur représentation. D’où la nécessité d’un musée scolaire, collection d’objet accumulés par le maître en vue de son enseignement.
« On place sous les yeux des enfants, dit M. de Cormenin, à mesure qu'ils peuvent les comprendre, les objets des trois règnes de la nature, le végétal, le minéral, l'animal. On tient ces divers objets dans des armoires séparées ; chaque objet a son casier. On y voit des épis de blé, d'orge, de froment, des herbages, des légumes, des fruits. On les nomme devant eux, on les leur montre, on les décrit. Ils s'accoutument à les distinguer, à les reconnaître, à les dénommer eux-mêmes et tout de suite. Pareillement, des échantillons de pierres, de terres, de plâtres, de marbres, de soufre, de métaux, d'or, de cuivre, de plomb, d'argent, de bitumes y sont classés dans un ordre méthodique. On les leur fait toucher, on en dit l'origine, on en explique brièvement la transformation et l'application aux divers usages de la vie. Il en est de même des animaux empaillés et représentés aux enfants, tels que la nature les a faits, moins la vie. Ils savent leurs noms, leurs moeurs, leurs instincts, leur manière d'être, leurs qualités, leurs dangers. » (Manuel général de l'instruction primaire, 1849.)
Panneaux sur la fabrication des plumes et des crayons chez Gilbert's Blanzy-Poure.
Coffret "Le coton" par les marques C.B., J.T.P.F. et L.V.
"Il faut éviter la spécialisation excessive des collections, d'introduire des objets plus curieux que réellement utiles à l'enseignement primaire. Ce qu'il importe surtout de faire connaître aux enfants, ce sont les objets qui les entourent, ce sont les produits de la localité ou mieux de la région qu'ils habitent. Et ces produits, les enfants les eussent-ils sous les yeux, ne manqueront pas d'être intéressants lorsqu'un maître habile saura les faire observer, les présenter sans cesse sous de nouveaux aspects. Il est d'ailleurs une foule de choses que nous croyons connues de l'enfant, alors qu'elles sont restées pour lui complètement inaperçues. Mais, outre les objets provenant de la région, le maître rassemblera les produits étrangers que l'on emploie dans les industries locales ou dans les usages journaliers de la vie. En fin avec un peu de bonne volonté, l'instituteur se procurera sans frais, par ses relations avec les industriels du pays, avec les parents de ses élèves, dans ses propres voyages, une foule d'objets qui viendront enrichir son musée."
Boîte Chocolat Menier, offert par M.M. Menier aux musées scolaires. Leçons de choses sur l'histoire du chocolat.
Objets divers récupérés par l'instituteur
Création d’un musée scolaire
« J’ai organisé, un peu selon les conseils contenus dans le bulletin n°2 de cette année, un musée scolaire qui se complète de jour en jour, et offre déjà des centaines d’objets utiles à l’instruction de mes élèves ; il se compose actuellement des collections suivantes :
1° Graines de toutes céréales avec son, farine, gluten, amidon, levain, pâte, pain et toutes les fécules ;
2° Graines de toutes les plantes légumineuses, entre autres, graines de betterave avec échantillons de sucre brut, cassonade, sucre blanc non raffiné et raffiné ;
3° Les condiments et les assaisonnements ;
4° Graines des plantes oléagineuses et fourragères ;
5° Un herbier agricole ;
6° Une collection d’échantillons de tous les bois indigènes propres à la construction, et quelques bois étrangers pour l’ébénisterie ;
7° Les huit principaux métaux avec leurs minerais ;
8° Les calcaires, dont trente-un échantillons de marbres, dix de pierres à bâtir, les quartzs, les silex, etc. ;
9° Quelques sels de fer, de cuivre, de soude, le soufre, le salpêtre, la potasse, l’alun, le borax, etc. ;
10° Echantillons de divers combustibles ;
11° Environ cent cinquante insectes différents, vingt cartes de mollusques marins et terrestres, deux échantillons de zoophytes, éponge et polypier ;
12° Une collection de cent cinquante pièces de monnaie, composée de trois pièces romaines, une série française de Henri II jusqu’à nos jours, et une série de pièces étrangères modernes ;
13° Echantillons de poterie, faïence, porcelaine, verre, cristal, glace ; des différents tissus ; de produits industriels tels que savon, bougie, etc. ;
14° Industrie locales, échantillons de laines montrant toutes ses transformations depuis la laine en suint jusqu’au drap.
Veuillez agréer, etc.
L’instituteur de Caudebec-lès-Elbeuf, J.DELARUE. »
(bulletin de l’instruction primaire de septembre 1878)
Collections d'éditeurs
Collections de l'industrie
Musée scolaire de Vergné
en Charente-maritime.
Boîte "Fil au Conscrit", A. Crespel à Lille
Boîte sur le coton
Echantillons er tableau sur le textile linvosges
La fabrication de l'aluminium - Péchiney - Nogueres
Musées scolaires d’ordre et d’usages variés
J’en avais donc rencontré un bien modeste : beaucoup de flacons à large goulot, mais surtout des vieux calendriers ; oh ! Une quantité de vieux calendriers. Méconnaissables, il est vrai,- puisque recouverts sur chaque face de papier blanc bien collé – ils servaient de supports à des séries d’objets fixés sur leurs cartons. Ce calendrier-ci en grosses lettres, mentionnait dans son titre : chauffage, cet autre : éclairage, habitation… etc…
« Avec eux, monsieur, me disait le maître enthousiaste, la leçon se fait toute seule. » C’était juste : la preuve m’en était offerte, car précisément le calendrier : chauffage était aux prises – littéralement – avec l’auditoire. Ss richesses, une à une déficelées, circulaient, morceau de hêtre léger, de chêne plus dur… puis ceux de tourbe, de charbon de bois, houille, coke, anthracite…
L’instituteur dirigeait simplement l’expérimentation : observation par la vue, le toucher…
En effet, il avait raison, la leçon se faisait toute seule, constituée par les remarques, les réflexions enfantines provoquées. Les plus somnolents étaient réveillés, les plus timides jasaient, émettaient leurs idées, leurs opinions.
Allons, bon ! Un accident : c’est le morceau de charbon de bois qui tombe, s’émiette sur le pavé. Mais c’est tant mieux au contraire ! Et le maître fait reconnaître que le charbon de bois est friable. Il achève le désastre, réduit le fragment en poussière, parle des usages de celle-ci. Ainsi , l’accident devient une expérience.
« Et puis, me dit-il à mi-voix, il faut que cela s’use, un musée scolaire, afin qu’on le reconstitue, afin que chacun y contribue, que chaque génération d’enfants le fasse sienne. On va s’ingénier à me remettre ici un beau morceau de charbon de bois au plus vite. J’en aurai dix pour un : ce sera le plaisir et aussi le profit. »
(Louis Carol, L’Ecole Nouvelle, 1906)
Instructions pour la chasse aux insectes.
Pour rapporter les insectes qu’on a pris, il faut se munir d’un petit flacon à large goulot. On y adapte un gros bouchon de liège, assez long pour qu’on puisse l’ôter et le remettre facilement, mais bouchant bien. On remplit ce flacon à moitié, avec de la sciure de bois fine, et on y verse quelques gouttes de benzine. C’est là-dedans qu’on met les insectes à mesure qu’on les prend. On peut même les laisser plusieurs mois sans inconvénient, pourvu qu’on remette de la benzine de temps en temps, tous les quinze jours par exemple. – Les papillons ne doivent pas être mis dans la sciure de bois. Il faut éviter de toucher leurs ailes. On le prend par le corselet, et on le pique. Il faut être muni d’une boîte dont le fond soit garni de liège pour y piquer les papillons, et cette boîte doit être profonde pour que les ailes ne touchent à rien. On doit mettre quelques gouttes de benzine sur le corps de l’insecte, afin qu’il ne se réveille pas de l’évanouissement produit par la pression sur le corselet ; l’épingle le traverse et ne le tue pas.
Pour piquer les insectes, il faut avoir des épingles spéciales. Ces épingles de 5 ou 6 centimètres de long, et plus ou moins fines, ne coûtent que 1 fr. 90 le mille. Les épingles ordinaires sont trop grosses et trop courtes. On doit enfoncer l’épingle de manière que le quart seulement de sa longueur dépasse en dessus. (Manuel de l’Enseignement primaire par Eugène Rendu, librairie Hachette, 1881)
Musée scolaire d'Anfreville-la-Mivoie en Seine-Maritime
Les tableaux Deyrolle
Il nous paraît utile d’attirer l’attention sur cette intéressante série de tableaux qui représentent, dessinés à grands traits, et peints de couleurs voyantes, 600 à 700 sujets, et environ 3000 dessins coloriés. Autour de ces sujets, on lit quelques explications essentielles, en gros caractères, et auxquelles sont joints, quand il y a lieu, des échantillons en nature des objets eux-mêmes. Figures et spécimens en disent plus long que bien des pages sur l’aspect, la structure et la nature véritable des plantes ou des minéraux dont on veut donner aux enfants une notion claire et suffisante. La collection Deyrolle est, une sorte de musée portatif des arts et métiers à l’usage des enfants, musée qui leur ouvre de toutes parts sur le monde les horizons et les points de vue.
Le musée scolaire est classé en séries et en groupes. Les sciences naturelles, les arts industriels et agricoles, les connaissances les plus utiles au cultivateur, à l’ouvrier, etc., sont passés en revue, décrits, exposés, démontrés dans leurs résultats et dans leurs principes. A chacune des séries correspond un manuel explicatif dans lequel l’instituteur peut puiser le complément d’instruction nécessaire. Les tableaux de la première série comprennent les généralités sur l’organisation du corps de l’homme, des animaux vertébrés, articulés, des plantes, et sur la formation de la terre. C’est pour ainsi dire l’introduction à la seconde série, laquelle est beaucoup plus étendue, et place sous les yeux des élèves des éléments d’agriculture, les principales espèces de plantes alimentaires, industrielles, vénéneuses, - la houille et l’indication de son origine au sein des couches terrestres, les principaux minerais, et les traitements divers que leur font subir les hauts-fourneaux, les marteaux-pilons, etc., - les industries textiles, - les animaux et insectes utiles ou nuisibles, etc. (Manuel de l’enseignement primaire par Eugène Rendu, 1881)
Panneaux musée industriel scolaire par C. Dorangeon, librairie Charles Delagrave, Paris.
Besoins intellectuels, industries diverses et Alimentation, les céréals et les pâtes alimentaires
Panneaux Delagrave
Le musée industriel scolaire de Dorangeon est contitué de 12 planches illustrant les productions de 75 industries au moyen de 1200 échantillons allant des matières premières aux produits ouvrés. Ce musée tout fait a l'inconvénient d'interdire toute manipulation par les élèves.