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  Le maître

Le syndicat


Il faut attendre le XIXe siècle pour voir la carrière des instituteurs s'organiser sur des bases précises.

N'appartenant à aucune corporation, le régent victime d'une injustice ne peut compter que sur lui-même pour faire valoir son bon droit.

Au XIXe siècle, la carrière des instituteurs s'organise peu à peu, leur permettant ainsi d'échapper à l'arbitraire des communes. On commence à tenir compte de l'ancienneté, du mérite et de la situation familiale des intéressés. Parallèlement, des récompenses et des distinctions honorifiques couronnent le zèle des instituteurs. En 1853, le régime de retraite leur est ouvert, les mettant à l'abri du besoin durant leurs vieux jours. En 1873, la retraite est fixée à soixante ans, après trente ans de service actif.

Les influences politiques


Les associations de fonctionnaires dénoncent implacablement le népotisme et son action néfaste, démoralisante.

Dans l’enseignement, les préfets récompensaient par des promotions aux choix, des décorations, ou un avancement très rapide, des services purement politiques. C’est ce qui soulevait une grande réprobation.

Les exemples sont multiples de députés intervenant dans les nominations du personnel primaire…

Et bientôt


Le directeur de Meilhan prend sa retraite et le poste est couru à cause des avantages qui y sont attachés…Comme de juste, chaque homme politique de la région a son protégé et veut mordicus qu’il soit préféré. Le député de l’arrondissement et le conseiller général du canton, chacun de son côté, ont le leur et se démènent à qui mieux mieux… Courses, démarches, recommandations n’en finissent plus… Et c’est l’inspecteur d’académie, qui, dans l’occurrence, se trouve rudement embêté pour faire ses propositions au préfet !... Contenter tous ces gens-là, c’est difficile ! On ne sait qui l’emportera, à moins qu’un troisième larron… De là le retard.

- Oh ! Ça ne m’étonne guère ! s’écria Coste.

- Ce n’est pas du mérite, c’est du piston qu’il faut aujourd’hui… Aussi que d’intrigants chez nous avec pareilles mœurs ! C’en est dégoûtant… Mais pourquoi s’obstine-t-on à nous faire nommer par le préfet, et à nous tenir par lui à la merci de certains politiciens de pacotille ?...

(Jean Coste ou l’instituteur de village d’Antonin Lavergne)

La naissance des syndicats


Un courant syndicaliste-révolutionnaire se développe. Dans la Seine, les jeunes instituteurs lancent, en 1903, un mouvement : L'Emancipation de l'instituteur. Des associations similaires se créent dans quelques départements.

L’Emancipation demande que le conseil des maîtres soit souverain et que le titulaire ait la direction pédagogique de sa classe. Elle s’élève contre la présence du directeur ou de la directrice aux côtés de l’inspecteur, au cours d’une inspection. Elle demande que les sobriquets de directeurs et d’adjoints disparaissent, la suppression des rapports des directeurs sur leurs adjoints, que le directeur n’ait pas qualité pour demander le déplacement d’office d’un adjoint, que les parents des élèves s’adressent toujours directement au maître de leurs enfants. Elle prend énergiquement  position contre les distinctions honorifiques, … 

Le 13 juillet 1905, l'assemblée générale des "émancipations" décide que chaque association prendrait la forme syndicale et adhérerait à la Bourse du travail. Malgré l’illégalité et les poursuites engagées par le gouvernement, la Fédération des syndicats poursuit son combat.

Un manifeste des instituteurs syndicalistes, publié le 26 novembre 1905, affirme la volonté déterminée des instituteurs d’entrer dans les Bourses du Travail et d’appartenir à la C.G.T.

Le 22 février 1906, devant 1500 instituteurs, Jaurès, aux côtés de Ferdinand Buisson et d’Anatole France, défend la Fédération des syndicats et ses militants.

L’adhésion à la C.G.T. est votée à l’unanimité dans la séance du 29 mars 1907 (elle ne sera pas effective). Le lendemain, pour protester à un projet de loi relatif aux associations de fonctionnaires, moins libéral que la loi de 1901, une lettre ouverte à M. Clémenceau, président du Conseil, est affichée sur les murs de Paris et quelques villes de France. Suite à ces actions le Conseil des ministres décide de poursuivre administrativement les signataires de la lettre ouverte. Six fonctionnaires sont révoqués dont Marius Nègre, secrétaire de la Fédération.

La révocation de Nègre jette le désarroi dans la Fédération et un grand nombre de syndicats prennent peur et se déjugent. La Fédération traverse une crise aiguë.


En 1906 est créée la Fédération des Amicales.

En 1907, la Fédération compte cent neuf associations, amicales ou unions, et quatre-vingt-cinq mille adhérents sur cent quinze mille fonctionnaires de l’enseignement primaire en exercice.

Il y a presque toujours trois tendances dans les Amicales : la tendance vieil instituteur qui triomphe jusque vers 1908, une tendance qu’on peut appeler syndicaliste-réformiste, formée d’éléments plus jeunes et la tendance syndicaliste-révolutionnaire, laquelle le plus souvent a rompu avec l’Amicale.

A partir de 1909, la Fédération des Amicales, sous l’impulsion de Louis Roussel et d’Emile Glay, prend une allure un peu plus indépendante, plus revendicatrice. Leur grande idée est de transformer la lourde machine amicaliste, en une fédération de syndicats de l’enseignement affiliés à la C.G.T. Ils conduisent leur mouvement à part, sans avoir l’intention de fusionner avec la Fédération des syndicats trop révolutionnaire.


En 1908, une nouvelle revue pédagogique est lancée : L’Ecole émancipée.

En 1909, pendant son congrès de Paris, la Fédération des syndicats d’instituteurs, qui reprend de la vigueur, adhère à la C.G.T.

A la veille de la guerre, le gouvernement poursuit et dissout les syndicats, sous le prétexte de la décision prise par leur congrès de Chambéry en 1912 de soutenir le « sou du soldat », organisation dite de propagande antimilitariste de la C.G.T. Un Manifeste, en réaction à l’ordre de dissolution des sections syndicales recueille 800 signatures. (il s’agissait, afin de « maintenir » les relations entre camarades syndiqués soldats et leur groupement, d’instituer dans chaque syndicat une œuvre dite « sou du soldat » destinée à venir en aide, pécuniairement et moralement, aux « camarades soldats ». C’est la presse qui transforme cette disposition modeste en scandale, en présentant le Sou du soldat comme une association antimilitariste. Et c’est pour remettre les faits dans leur exacte lumière de solidarité qu’est rédigé, à l’initiative de quelques instituteurs, le « Manifeste » qui devait recueillir près de huit cents signatures.

La plupart des syndicats résistent et refusent la dissolution. A la suite de l’élection du président Poincaré, l’amnistie est décrétée.

Au début de la guerre, la plupart des militants est mobilisée et l’activité syndicale est en sommeil.

Cependant la Fédération des syndicats continue le combat de la paix, ce qui n’est pas le cas des Amicales qui suivent le gouvernement. L’Ecole Emancipée, « fidèle aux principes de lutte de classe et d’internationalisme lui valut d’être suspendue par la censure militaire.

La guerre terminée, les Amicales évoluent.

 « Les jeunes démobilisés n’étaient pas favorables au maintien de cette tradition amicaliste. Ils souhaitaient une défense collective des intérêts du personnel, une action corporative plus indépendante de la hiérarchie académique, plus ardente et plus efficace. On entendit parler de possible transformation de l’amicale en syndicat… Une génération nouvelle poussait sa devancière, jugée molle et conformiste. » (Mémoire d’un instituteur syndicaliste, André Delmas)

S'opposant à toute fusion ou adhésion globale des amicalistes, la Fédération nationale des syndicats d'instituteurs s’ouvre aux professeurs de tous degrés en devenant une Fédération de l'enseignement de Syndicats départementaux uniques.

Voté lors du congrès de septembre 1919, la Fédération des amicales se transforme en « Syndicat national des instituteurs ».

 « A la différence de ce qui se passe à la même époque dans d’autres corporations, celle-ci ne concerne pas d’abord une minorité d’avant- garde qui peu à peu élargit son audience ; dès le début du regroupement, sous la forme élémentaire  de l’amicale, c’est la quasi-totalité de la corporation qui rejoint l’organisation. Et quand celle-ci prend la forme du syndicat, elle conserve la quasi-totalité de ses adhérents et son indiscutable représentativité. En effet, en 1907, la fédération des amicales compte 109 associations et 85 000 membres sur les 120 000 fonctionnaires en exercice dans l’enseignement primaire ; en 1922, deux ans plus après sa création, le Syndicat national des instituteurs regroupent 55 000 membres et trois ans plus tard, en 1925, 78 000 adhérents. » (Un syndicat pas comme les autres, de H. Aigueperse et R. Chéramy)

On songe alors à la fusion des deux fédérations, mais celle-ci s’avère impossible. Au congrès de Paris de 1922, la Fédération des syndicats adhère à la C.G.T.U. issue de la scission avec la C.G.T. devenue réformiste. Le Syndicat des instituteurs souhaite son intégration à la C.G.T. qui sera effective en 1925.

En 1923, le ministre Léon Bérard dissout les syndicats.

Premiers groupements


« L’un des premiers, sinon le premier groupement d’éducateurs de ce pays, fut la société des instituteurs et institutrices primaires de France, organisée en 1831 par un jeune instituteur d’école mutuelle, Philibert Pompée, qui devait, par la suite, devenir directeur de l’école Turgot. » Son rôle semble avoir été cependant fort modeste.

Il n’en fut pas de même d’Arsène Meunier auquel revient l’honneur d’avoir été le pionnier du syndicalisme universitaire…

Fils d’ouvrier d’usine, maître d’école, il appartenait sous la restauration à l’opposition la plus avancée. Après la Révolution de Juillet, qu’il salua avec enthousiasme, il fut l’un des premiers à protester contre les usurpations de la nouvelle royauté. En 1832, à la suite d’un concourt, il devient directeur de l’Ecole Normale d’Evreux, il professe ouvertement les principes démocratiques. Pendant dix ans, il lutte avec courage contre la persécution politique et cléricale. En 1842, afin de défendre ses idées avec plus d’indépendance, il donne sa démission et devient instituteur privé à Paris. Il consacre sa plume à la cause du progrès et de l’enseignement, qui en est inséparable.

En janvier 1845, il lance l’Echo des Instituteurs. Journal de combat qui se propose un double objet : « Révéler le mal, montrer le remède. »  Sa publication est accueillie dans le monde des enseignants primaires avec une certaine faveur. L’élite des maîtres d’école se sent ragaillardie par la publication d’un journal qui est leur et qui permettra peut-être aux « cris dispersés de quarante mille malheureux de parvenir à se faire entendre au sein des Chambres législatives ». Grâce à cet hebdomadaire, l’idée est lancée de créer un projet d’association entre tous les instituteurs laïques de France, à l’effet de se prêter un mutuel secours dans les luttes qu’ils ont à soutenir. La Société pour l’émancipation de l’enseignement ne vit jamais le jour, car la Révolution de 1848 éclata…

En dehors de ce projet d’association, on peut découvrir aussi dans cette série « d’échos » une préfiguration de l’action revendicative que poursuivront les syndicats, soixante ans plus tard…

Il prend une part importante à la journée du 24 février 1848… Accusé de communisme, au cours de la campagne électorale, dans l’Eure, il s’en défend véhémentement, se déclare un ardent défenseur de la famille et de la propriété… En avril 1850, L.-A. Meunier est traduit en justice parce que, dans l’Echo des Instituteurs, il prodigue à ses collègues les conseils les plus coupables et professe les théories les plus subversives. Il est acquitté.

Ardent républicain, épris de liberté et de progrès, il confondit l’Ecole et la République. Toute sa vie il lutta contre le cléricalisme et le conservatisme social, pour l’amélioration du sort des instituteurs et une instruction plus poussée du peuple. (Histoire du mouvement syndicaliste révolutionnaire chez les instituteurs, Max Ferré)

Les amicales


Le nouveau gouvernement sait qu’il a besoin des instituteurs, de leur enseignement et de leur dévouement pour faire triompher la République. Il favorise les groupements afin de développer un esprit public dans le personnel enseignant. En quelques années des cercles pédagogiques, amicales, associations d’anciens élèves d’écoles normales, etc., se fondent dans les départements.

Ces amicales sont présidées par le recteur, le préfet et l'inspecteur d'académie. Elles se proposaient de mettre en œuvre une confraternité et une convivialité dont on sent combien elles pouvaient être précieuses à ces hommes dont l’isolement assombrissait les vies. (La République des instituteurs, Jacques et Mona Ozouf)

En même temps, des congrès pédagogiques nationaux se réunissent sous les auspices de J. Ferry. Sans être annuelle, les sujets de discussion sont choisis par les ministres. Au congrès international qui se tient au Havre en 1885, sur l’initiative du maire Jules Siegfried, ouvert par René Goblet et dirigé par Olive Gréard, l’idée d’association corporative est émise par les instituteurs.

Ce qui ne tarde pas, puisqu’en 1887, la préfecture de Paris enregistre le dépôt  de l'Union des instituteurs et des institutrices de la Seine, fondée par Eugène Chevallier, suivi d’un syndicat des instituteurs et institutrices de France associés pour l’organisation du congrès des instituteurs. Lors du congrès pédagogique national de la même année, le projet de syndicat ayant pour objet "d'étudier les intérêts professionnels des instituteurs", n’émeut pas sur le moment le représentant du ministère. Cependant, Spuller, ministre de l'instruction publique, fait savoir par circulaire qu'il n'est pas question de faire bénéficier les instituteurs des dispositions de la loi du 21 mars 1884 relative aux syndicats professionnels. L'argument du ministre est simple : « Une fonction publique n'est pas une profession, de même qu'un traitement n'est pas un salaire ».  Le coup de grâce est porté pour dix ans au corporatisme des instituteurs.

Au moment de l'affaire Dreyfus, le mouvement reprend une nouvelle vigueur. Dès 1898, quelques instituteurs, proposent dans leurs associations respectives, de provoquer une réunion des associations à l’occasion de l’inauguration du monument élevé par souscription, aux instituteurs de l’Aisne, fusillés par les Allemands en 1870. Autorisée par le ministre G. Leygues, les premières assises nationales des groupements d’instituteurs et d’institutrices publics de France se tiennent le 19 août 1899, dans l’hôtel de ville de Laon. Présidées par Achille Deum. Il est décidé qu’un congrès national des Amicales aurait lieu à Paris l’année suivante.

En 1900, les amicales tiennent donc leur premier congrès qui fixe, dans ses grandes lignes, les modalités d’une entente entre toutes les Amicales de France et des Colonies. Ce fut vraiment le congrès de l’Union, de l’amitié, de la fraternité, dit Murgier. La loi du 1er juillet 1901, qui accorde la liberté d’association civile sans autorisation préalable, permet aux associations d’instituteurs de se multiplier. Cela se confirme au congrès de Bordeaux où Murgier fait adopter un projet d’organisation  fédérale, mais n’obtient pas l’indépendance totale des Amicales vis-à-vis du pouvoir. Waldeck-Rousseau interdit le congrès de 1902, mais celui de 1903, présidé par Combes et Pelletan, est un triomphe.

Les Amicales sont souvent aux mains des directeurs d’école, mais les jeunes maîtres commencent à revendiquer et rejettent les deux tutelles : la première, celle qu'exercent les directeurs d'école sur leurs adjoints ; la seconde, sont les recommandations politiques. Toujours nommés, déplacés et révoqués par les préfets et non par la hiérarchie universitaire, les instituteurs sont à la merci des influences politiques. Les hommes politiques les utilisent à leur gré, et nomment leurs clients aux bons postes et les autres aux mauvais. L’instituteur peut être frappé de toutes sortes de sanctions, dont la plus grave est le déplacement d’office. L'administration cède souvent à ces potentats locaux, qui trouvent toujours l'oreille du préfet. Les mesures arbitraires est la meilleure raison pour les instituteurs de se grouper

Bulletin officiel du Syndicat National des instituteurs et des institutrices publics, section du Gard.

Mars 1935

Les syndicats sont reconnus.


Après les élections de mai 1924 et le triomphe du Cartel des gauches, le dialogue est devenu possible. Le droit de se syndiquer est reconnu aux fonctionnaires par une circulaire du ministère Herriot, du 25 septembre 1924. L’amnistie générale permet la réintégration de militants comme Gabrielle et Louis Bouët qui ont dirigés l’Ecole Emancipée pendant de nombreuses années.

L’année suivante, Monzie conseille aux inspecteurs d’académie de préparer le mouvement du personnel en accord avec les délégués élus au conseil départemental, c’est-à-dire en majorité avec les candidats du S.N.I.

L’histoire a fait triompher l’une des formes d’association, le syndicalisme, et ils sont donc enclins à ordonner amicalisme et syndicalisme sur l’axe du temps comme formes successives de l’organisation corporative. (Jacques et Mona Ozouf)

L’entraide et le solidarisme, le refus de la lutte des classes, la méfiance à l’égard des minorités agissantes, la certitude que le matérialisme est réducteur, l’ambition enfin, toujours présente, de former des êtres complets, font du syndicalisme enseignant un syndicalisme différent.

Le S.N.I. adhère à la Fédération Générale de l’Enseignement (F.G.E.) créée en janvier 1929. La même année, l’Ecole libératrice voit le jour.

C’est à la clôture du congrès de Clermont-Ferrand, le 6 août 1932, qu’André Delmas prend la direction du Syndicat national, en remplacement de Roussel et Glay

Le S.N.I. fonde la société universitaire d’éditions et de librairie, S.U.D.E.L., pour publier des manuels scolaires.

Après la journée du 12 février 1934 où les fonctionnaires s’engagent pour la première fois aux côté des ouvriers pour défendre la République, le S.N.I. lance l’idée du Comité de Vigilance des Intellectuels antifascistes, présidé par Paul Rivet. Le manifeste du 5 mars déclare à tous les travailleurs «la résolution de lutter avec eux pour sauver contre une dictature fasciste ce que le peuple a conquis de droits et de libertés publiques ».

La C.G.T. et la C.G.T.U. fusionnent en janvier 1936. Après la victoire électorale du Front populaire, les conquêtes sociales sont importantes (semaine de 40h, congés payés, assurances sociales). Mais l’unité ne résiste pas aux évènements internationaux, guerre d’Espagne, accords de Munich en 1938. Le pacte de non agression germano-soviétique, en août 1939, suivi de l’entrée des troupes soviétiques en Pologne, provoquent une nouvelle scission.

En 1940, le S.N.I. est dissous par le gouvernement de Vichy. Il se reconstitue dans la clandestinité et ses militants prennent une part active à la Résistance.


A la libération la F.G.E. reconstituée prend le nom de Fédération de l‘Education Nationale (F.E.N.).

L’église et les associations des Parents d’Elèves de l’Ecole Libre (A.P.E.L.) veulent faire reconnaître la liberté de l’enseignement comme l’une des libertés fondamentales et de sauver le plus possible des subventions généreuses octroyées par le gouvernement de Vichy. LA FEN et le S.N.I. entreprennent de dresser contre cette politique le front des laïques. Le 3 octobre 1947, le Cartel national d’action laïque (avec la C.G.T., le P.C., le P.S., la ligue de l’enseignement, la Fédération des Conseils de Parents d’élèves et d’autres) décide de lancer une grande campagne publique.

Après la rupture entre la CGT et FO, la F.E.N.afin de rester unie, décide de son autonomie en mars 1948. Le SNI qui en est la plus importante catégorie est composée de trois tendances principales : l’UID (Unité, Indépendance et Démocratie) majoritaire, socialiste, l’U&A (Unité et Action) proche du PC et l’EE (l’Ecole Emancipée) regroupant l’extrême gauche.

Une nouvelle offensive de l’enseignement privé s’ouvre en 1951 avec le vote des lois Marie et Barangé. La première ouvre le bénéfice des bourses d’Etat aux familles des élèves fréquentant l’école privée, la seconde crée une allocation scolaire versée, pour les familles dans l’enseignement privé. Malgré le succès de la journée de protestation organisée par la F.E.N., pour le retour au principe « aux écoles publiques, fonds publics, aux écoles privées, fonds privés ».

L’année 1968 marque un tournant décisif dans l’histoire sociale de la France. Les problèmes de l’enseignement, sa mission, son contenu, ses méthodes, les rapports entre maîtres et élèves, les conditions de vie et de gestion des établissements sont remises en cause. Le S.N.I. lance le projet d’Ecole fondamentale, qui remet à l’ordre du jour l’élaboration d’un projet fédéral de réforme de l’enseignement. Mai 68 a aussi révélé la profondeur de la crise de la société, et mis en cause le régime politique et social.

On peut tenter d’effacer les évènements de mai-juin ou d’en dénaturer le sens ou la portée ; on aura beau dire et beau faire, rien ne peut plus être, rien ne sera plus comme avant, et particulièrement dans le domaine universitaire. (James.Marangé)

La droite, s’interroge sur le meilleur moyen d’éviter d’autres « mai 68 » et pour cela s’occupe du syndicalisme en essayant de l’affaiblir, voire le briser ou l’intégrer.

Le nouveau gouvernement Chaban-Delmas, après l’élection présidentielle de 1970, accorde, dans le cadre de la loi Debré à nouveau prorogée, de nouveaux avantages à l’enseignement privé.

Le SNI devient en 1876 le SNI-Pegc.

Unissons à l’éducateur

L’amour des choses idéales

Et qu’un souffle émancipateur

Frissonne au sein des Amicales.

                        Chanson pour les Amicales

                        (Revue de l’enseignement primaire, 1903)