[creation site internet] [logiciel creation site] [creation site web] [La maison d'école]
[La salle de classe]
[La tenue du maître d'école]
[L'Ecole Normale]
[L'instituteur adjoint]
[Les syndicats d'instituteurs]
[La MAIF]
[l'équipement de l'écolier]
[récompenses et punitions]
[La récréation]
[La cantine scolaire]
[Distribution des prix - CEP]
[Méthodes de lecture]
[L'écriture]
[Les math aux XIXe siècle]
[Les math aux XXe siècle]
[Le musée scolaire]
[Les sciences à l'école]
[La science de l'hygiène]
[L'enseignement ménager à l'école]
[L'agriculture à l'école]
[la morale à l'école]
[la prévention routière à l'école]
[l'épargne scolaire]
[Histoire à l'école]
[La géographie à l'école]
[Le travail manuel à l'école]
[Les travaux à l'aiguille]
[Le dessin à l'école]
[La musique à l'école]
[Les bataillons scolaires]
[La gymnastique]
[L'éducation physique]
[L'éducation physique et sportive]
[Le timbre antituberculeux]
[Enseignement antialcoolique]
[La coopérative scolaire]
[Ligue de l'enseignement]
[Jeunesse au plein air]
[L'école communale]
[Histoire de l'enseignement]
[Documents sur l'école]
[Livres sur l'école]
[Peintres de l'école]
[Musées sur l'école]
[Expositions sur l'école]
[L'école communale, deux siècles d'histoire]
[index]


 Français

Méthodes synthétiques


Les méthodes d'épellation et syllabique




Tout au long du XIXe siècle, les instituteurs sont inondés de méthodes et de tableaux de lecture. Pour beaucoup, ils en sont les concepteurs. Bon nombre de concepteurs s’interrogent sur les procédés en usage concernant l’appellation et l’épellation des méthodes synthétiques. Certains s’écartent de l’épellation pour une syllabation directe.


L’appellation, c’est le nom des lettres (a, bé, cé, dé, e, effe…). Connaître les lettres ne présente pas de problème ; par contre leur assemblage en syllabes crée d'énormes difficultés. L’ancienne appellation-épellation qui nomme les lettres provoque des incompréhensions ; exemple le mot sang épelé donne esse enne gé. Avec la nouvelle appellation-épellation on utilise la valeur des lettres, c’est-à-dire la prononciation qu’elles affectent quand elles sont réunies en syllabes (a, be, que, de, e, fe…) ; le mot sang épelé devient se an. On se rapproche le plus possible de la prononciation finale du mot. Les premiers à utiliser cette méthode furent les pédagogues de Port-Royal, en 1655.


Classification des méthodes de lecture en fonction de l’épellation:

Méthode de lecture utilisée par C.D. Férard, en 1846.

Mémoires d’un vieux maître d’école


Je continuai de suivre la méthode dite d’ancienne épellation, quoique, dans mes leçons particulière et avec les mêmes tableaux de Peigné (alors fort répandu chez nous), je suivisse la nouvelle épellation, qui augmente considérablement le chiffre des éléments de l’alphabet, mais qui, on le disait, ne décompose jamais la syllabe qu’en deux parties : le son et l’articulation, ou réciproquement. On ne connaissait pas encore, à ce moment, l’Essai de solution définitive de toutes questions concernant l’enseignement de la lecture, par Ch. Behagnon, essai qui n’est qu’une variante des procédés connues, et pas davantage.

Méthode de lecture par M.A.Peigné, chez Henri Oudin à Poitiers, 1873. Edité de 1832 jusqu’en 1894. Ouvrage couronné par la Société pour l’Instruction Elémentaire et diffusé dans les écoles mutuelles. La base de la méthode est la suppression de l’épellation par lettres détachées. On fait connaître d’abord les sons simples monogrammes, c’est-à-dire représentés par une seule lettre (A, E, I, O, U) ; puis les articulations simples monogrammes (B, C, D…) ; puis enfin les sons simples articulés, c’est-à-dire joints à une articulation finale inséparable. De là, on passe aux sons simples polygrammes, c’est-à-dire représentés par plus d’une lettre( EU, OU, UN,…), et aux articulations simples polygrammes ( CH, GN, ILL,…). On arrive enfin aux sons composés et aux articulations composées. Là se termine la lecture selon une orthographie régulière.

Alphabet et premier livre de lecture, auteur anonyme attribué à Ambroise Rendu, Hachette,1833. Distribué dans 25000 communes par le ministre Montalivet, il bénéficia d’un nombre impressionnant d’édition jusqu’en 1912.

Nouvelle méthode de lecture sans épellation, par A.Cuir et F.Loez, Masson et Cie, 1892. Méthode syllabique menant de front la lecture, l’écriture et l’orthographe. L’élément étudié, son ou articulation, est tracé en rouge pour  capter l’attention des enfants

Liaison lecture et écriture

L’idée d’enseigner simultanément la lecture et l’écriture est ancienne puisque Montaigne raconte qu’il a apprit en même temps à lire et à écrire.

A l’exception de quelques concepteurs de manuels, la plupart d’entre eux sont favorables à la liaison de la lecture avec l’écriture. Le principal débat repose essentiellement sur le moment du démarrage de l’apprentissage ; doit-il précéder ou être simultané.

A. Peigné, pour sa part, dit clairement que la lecture doit s’apprendre par l’écriture, et non point isolément, ni surtout avant l’écriture.

Dans les écoles mutuelles, on fait marcher de front l’écriture avec la lecture, en les proportionnant à la force de chaque élève, et en les associant de manière que l’une sert de complément et comme de contrôle à l’autre.


Liaison avec d’autres disciplines

Le langage oral joue un rôle important, car l’un des plus grands obstacles qui arrêtent les enfants, en lecture, c’est la nouveauté des sons et l’inintelligence des termes. Il faut donc, avant de leur faire lire un mot, les familiariser avec sa prononciation, et autant que possible, avec sa signification. L’enseignement de la parole est considéré comme un procédé préalable indispensable.

Des méthodes soulignent la nécessité de lier la lecture et l’orthographe sans forcément inclure l’écriture.

En fin XIXe siècle, on joint également à l’apprentissage de la lecture, le calcul et aussi le dessin, la grammaire, les leçons de choses et quelques fois l’histoire et la géographie. Au manuel de lecture se substitue alors le livre unique.(Méthode Neel )

  

Syllabaire Regimbeau, lecture-écriture-orthographe, Hachette, 1916 ; nouvelle méthode par la décomposition du langage en sons purs et en sons articulés.

Méthode Néel, Armand Colin, 1884 ; lecture-écriture-leçons de choses, grammaire, arithmétique et système métrique, géographie, dessin.

Méthode Cuissart, enseignement pratique et simultané de la lecture, de l'écriture, de l'orthographe et du dessin, librairie d'Education nationale, 1904.

Méthode de lecture dite lecture simplifiée par L.-A. Maître, Hachette, 1835.

Lectures graduées pour les enfants du premier âge par L'abbé Gaultier.

Méthodes analytiques ou dites globales


Jusqu’à présent tous les concepteurs sont partis de l’alphabet. Quelques-uns ont proposé de modifier le nom des consonnes ; d’autres ont supprimé l’épellation des syllabes ; d’autres encore ont substitué à l’alphabet usuel un alphabet plus étendu, comprenant les sons  fondamentaux et ont associé aux caractères alphabétiques des figures destinées à aider la mémoire ; mais tous commencent par les éléments des mots, pour aboutir à l’assemblage de ces éléments. Maintenant, il s’agit d’une méthode inverse : celle qui part des mots entiers, et n’arrive à l’analyse des syllabes et à la connaissance de l’alphabet que lorsque l’enfant sait lire. C’est une démarche d’apprentissage radicalement différente qui met en question la pédagogie pratiquée depuis des siècles. Pourquoi les enfants n’apprendraient-t-ils pas à lire comme on apprend à parler, c’est-à-dire en lisant d’emblée des mots entiers issus de leur langage familier et non en mémorisant des éléments vides de sens ? C’est ce que Nicolas Adam, fin XVIIIe siècle, appelle la « marche exacte du connu à l’inconnu ».

Au cours du XIXe siècle, quelques méthodes de mots essaient de s’imposer au milieu des innombrables méthodes d’épellations et de syllabiques.(Méthodes Jacotot, Lemare, Gorgeret...)

Cours de lecture de Pierre-Alexandre Lemare, Hachette, 1840 ; En 1818, je publiai un opuscule intitulé : Philosophie de la lecture. J’avançais, chapitre 1er, « qu’on peut apprendre à lire sans connaître ni mots, ni syllabes, ni lettres. »… Toutes les autres méthodes de lecture, anciennes ou récentes, ne sont que des remaniements de la routine. Toutes ont des abécédaires, des syllabaires ou des listes de mots coupés par syllabes. Un éternel ennui les accompagne. Elles semblent inventées en mépris de l’intelligence humaine, à qui elles n’offrent que de vains sons, des sons sans idées.

Enseignement Universel, méthode Jacotot. Cours complet pratique de langue française, chez Ponce Paris, 1830.

Savoir un livre ; y apporter tous les autres ; telle est la méthode de l’Enseignement universel.

Apprendre un livre par cœur est nécessairement le premier pas à faire ; le début essentiel dans la méthode ; et le livre adopté comme base ordinaire d’instruction, non toutefois d’une manière exclusive, est le Télémaque de Fénélon.

Cette méthode consiste à faire apprendre un livre à l’élève, à lui faire faire toutes les combinaisons possibles avec les faits, les idées et les mots contenus dans ce livre, et à l’habituer à rapporter tout ce qu’il voit ailleurs à ce foyer des connaissances premières. L’axiome tout est dans tout a donc pour corolaire pratique celui-ci : Sachez une chose et rapportez-y tout le reste.

Méthodes mixtes


Qualifiés de méthodes « analytique-synthétique, elles prennent appui sur le langage à partir de « choses » familières qui intéressent les enfants, en se référant constamment aux images correspondantes. Le mot étudié sert à extraire les sons à l’étude, à analyser les éléments et à recomposer syllabes et mots. Elles sont complétées par des exercices d’écriture. ( Méthode G. et M. Toussaint,...)

C'est la méthode la plus employée au XXe siècle.

  

Tableau de lecture de la méthode analytique-synthétique de lecture de G. et M. Toussaint. Conçue à la fin du XIXe siècle, cette méthode lie langage, lecture et écriture à partir d'une leçon de choses, mais elle présente immédiatement aux enfants des mots à lire, si courts soient-ils, or, rue, âne,... et non des éléments extraits des mots.

Les méthodes de lecture


C’est au XVIIe siècle, dans les Règlements pour les écoles de la ville et diocèse de Lyon de Ch. Démia, que l’on voit les premières tentatives d’une organisation systématique de l’enseignement de la lecture. Demia veut que le maître divise son école en des classes différentes, par rapport à la capacité des écoliers, dont les uns sont aux lettres, les autres aux silabes, ou aux mots, ou aux phrases.


 « Face aux difficultés persistantes de l’apprentissage, aux constats d’échecs enregistrés, les auteurs se mettent activement en quête de procédés pour faciliter l’enseignement. Une multitude de procédés voient le jour, tout au long du XIXe siècle… Pour aider les enfants à accéder plus facilement à la signification des textes, les auteurs, se référant à la réflexion née de Port-Royal, se préoccupent prioritairement de l’appellation et de l’épellation. Comment appeler les consonnes ? Comment épeler ? Problèmes liés à l’aspect auditif de l’apprentissage.

En s’inspirant, cette fois du travail de Nicolas Adam (Nouvelle manière d’apprendre à lire aux enfants sans leur parler de lettres et de syllabes, 1787), ils s’interrogent sur le crédit qui doit être accordé à la perception visuelle et sur la relation existant entre l’aspect auditif et l’aspect visuel. » (Christiane Juanéda-Albarède, Cent ans de méthodes de lecture, chez Albin Michel)


En dépit des apparences, il n’existe vraiment que deux méthodes de lecture. Toutes deux cherchent à faire comprendre à l’enfant qu’il existe entre les signes de la langue écrite et les sons de la langue parlée une certaine correspondance ; mais, pour cela, l’une de ces méthodes commence par l’étude des signes ou par celle des sons élémentaires, généralement connue sous le nom de méthode synthétique ; l’autre, appelée analytique, cherche au contraire à obtenir le même résultat en plaçant d’emblée le jeune enfant en face de notre langage écrit, si complexe qu’il  puisse se présenter.

Etudes des sons


L’étude des sons apparaît avec la méthode des figures symboliques.

Exposée en 1719 par M. de Vallange, l’idée qui consiste à enseigner à lire au moyen de figures symboliques correspondant aux divers sons de la langue, est reprise par l’abbé Berthaud, qui l’exécute en 1744 sous le nom de Quadrille des enfants. Il représente 160 sons fondamentaux de la langue par autant de figures (nombre réduit à 84 dans l’édition présentée), images d’objets familiers à l’enfance, comme des bas, un nez, un lit, etc. On fait observer à l’enfant ces figures et nommer l’objet qu’elles représentent ; ensuite on lui montre les caractères ou les groupes de caractères dont le son correspond aux noms des figures qu’il vient de voir. Parmi ces noms, il en est dont il faut retenir, pour la prononciation du caractère ou des groupes de caractères, que le son final ou le son de l’écho, comme bas,,, a, moulin … in, éventail… ail. L’enfant ne doit jamais épeler ; les groupes de plusieurs lettres lui sont présentés comme des unités qu’on ne décompose pas. Au bout d’un certain temps d’exercice, l’élève s’est assez familiarisé avec les caractères pour pouvoir en articuler les sons sans le secours des figures : il est alors en état de lire n’importe quelle phrase.

Augustin Grosselin s’est orientée vers une autre forme d’association : la phonomimie.

Le lien entre la lettre et le son est tout conventionnel et c’est là une difficulté, car il y a une sorte d’abstraction entre un signe écrit et un effet sonore. La phonomimie substitue à la simple convention, qui n’a rien de saisissant pour l’enfant, une sorte de personnification des éléments vocaux qui met de la vie dans l’enseignement et lui donne un véritable attrait. On représente aux jeunes élèves une lettre non plus comme correspondant simplement à un son, mais comme étant l’expression visible de l’exclamation ou du cri poussé par un personnage dans une circonstance donnée. C’est ainsi que ah ! expression de l’admiration ; oh ! cri de l’horreur ; hu ! cri du cocher ; hé ! cri de l »appel, seront respectivement employés pour arriver à l’étude des voyelles a, o, u, é.

Cette méthode sera introduite par Madame Pape-Carpentier dans les salles d’asile.

Livres de méthode de lecture mixte

Les méthodes phonétiques


Méthode mixte Le Sablier (1974)

De la langue orale à la langue écrite.

A l’enfant, la méthode synthétique disait :

« Regarde la lettre et parle-la ».

La méthode globale :

« Regarde la phrase et parle la lettre ».

La méthode mixte :

« Regarde la phrase, parle la lettre, lis la phrase ».

Le Sablier dit au contraire :

« Ecoute la phrase – Ecoute les sons qui la composent.

Regarde comment ils s’écrivent. Lis la phrase. »

Cent ans de méthodes de lecture

de Christiane Juanéda-Albarède chez Albin Michel

La première édition est éditée en 1831. Ci-dessus, troisième édition de 1831

La quatrième édition est réimprimée jusqu'en 1884.

Ci-contre une des dernières éditions, ornée de nombreux dessins.

Méthode baptisée Citolégie de H. A. Dupont,


"Toute syllabe est composée ou seulement d'un son, ou d'une articulation et d'un son. Le son ou voyelle peut être simple ou composé, représenté par une ou plusieurs lettres. Il en est de même de l'articulation ou consonne.

Faut-il dire que dans les syllabes qui commencent par une consonne, comme prends, cette consonne comprend toutes les lettres qui précèdent la première voyelle, c'est-à-dire pr, et que la voyelle comprend toutes les autres lettres, à partir de cette même voyelle, c'est-à-dire ends ?

Que lorsque la syllabe commence par une voyelle, la syllabe n'a qu'une seule partie, comme ours?